Célèbres

S’aimer pour s’épanouir

Myriam et Thérésa étaient sœurs jumelles. Elles avaient passé toute leur enfance ensemble, avaient été dans le même collège, avaient choisi le même métier. Myriam et Thérésa étaient esthéticiennes. Myriam aimait mettre en valeur la beauté de chaque femme. Elle trouvait son métier passionnant, ajoutait toujours sa petite touche personnelle, utilisait son intuition pour que chacune de ses clientes se sente bien. Thérésa vivait ses journées avec plus de difficultés. Elle trouvait son métier fatiguant, agaçant. Elle se disait qu’elle n’avait pas eu la chance de faire des études comme la plupart de ses clientes. Elle avait toujours été malchanceuse, déjà au primaire, ses copines avaient plus de facilité qu’elle, déjà au collège, ses copines partaient plus souvent en vacances qu’elle.

Lors d’une soirée, les deux sœurs rencontrèrent un ami d’enfance, Jean. Chacune leur tour, elles se retrouvèrent à discuter avec lui. Thérésa qui s’ennuyait le vit la première. Jean entama la discussion, lui parla de lui, et la questionna sur sa vie.

– Je suis devenue esthéticienne, tu te rappelles déjà en CM1, j’ai failli redoubler. Au collège, cela a été de plus en plus difficile. Je vis toute seule, j’ai été trop déçue par les hommes, j’ai décidé de ne pas me réengager dans une relation durable. Je n’ai jamais eu de chances, c’est comme ça. Les autres en ont toujours eu plus que moi.

Jean parut surpris de voir une aussi jolie jeune femme mettre autant de négatif dans sa vie. Il partit se chercher un verre, il n’avait pas vraiment envie de poursuivre cette discussion.

Au bar, il rencontra Myriam.

-Oh Jean, cela fait tellement longtemps que l’on ne s’est pas vu. Je suis contente de te voir.

– Bonjour Myriam, comment vas-tu ?

– Oh très bien, merci. Je suis devenue esthéticienne, je ne sais pas si tu te rappelles mais déjà au primaire, je maquillais mes poupées. Quand je vous invitais, j’organisais des défilés de mode et je vous maquillais.

– Oui je n’étais pas vraiment fan, dit Jean en souriant.

– Je comprends, dit Myriam en riant. Maintenant, je ne force plus personne, les femmes viennent me voir pour leur mariage, des soirées importantes. On discute, elles me parlent de leurs soirées, de leurs rêves, de leur mari. Je suis très heureuse. Ce métier me passionne.

– Cela fait plaisir à voir. J’ai vu ta sœur tout à l’heure. C’est très étrange.

-Thérésa ne vit pas du tout les choses de la même façon.

– Il y a quelque chose que tu as et qu’elle n’a pas ?

– Je vis la vie dont j’ai toujours rêvé. Ma sœur se sent victime d’injustice. Elle alterne, parfois elle dit que les autres ont beaucoup de chances, parfois elle dit que les autres n’ont vraiment pas de chances.

– Ta sœur ne voulait pas être esthéticienne ?

-Ma sœur rêve de célébrité. Elle a un compte instagram et une chaîne you tube où elle met toutes ses réalisations, mais elle se plaint toujours qu’il n’y a pas assez de monde qui la suit. Elle en veut toujours plus, elle vit dans la frustration permanente. Je crois que peu importe ce qu’elle met sur ses réseaux, pour elle l’important c’est d’avoir des likes. C’est comme une drogue, une course après les cœurs virtuels.

-Je comprends. Et toi ?

-Moi ce qui m’intéresse c’est de faire ce que j’aime. Peu importe ce qu’en pense les autres, du moment que je réalise ce qui me tient à cœur. Je m’accorde de la reconnaissance en premier et après je suis contente lorsque mes clientes me disent que j’ai des doigts de fée. Je veux qu’elles se sentent belles alors quand j’entends cela, je sais que j’ai accompli ce que je devais faire.

– Je crois que la célébrité est un leurre. C’est une notion créée pour nous faire croire qu’il y a des personnes mieux que d’autres. On est tous célèbre pour quelque chose. Je suis célèbre pour mes chocolats à la pâte d’amande, pour mettre de la couleur dans les maisons.

-Oh tu es devenu peintre ?

– Oui, j’ai découvert la peinture au collège quand mon père a rénové la maison de ma grand-mère. Je l’aidais dès que je le pouvais. On choisissait les couleurs, je regardais des techniques. Je me suis passionné et j’ai décidé d’en faire mon métier. J’ai beaucoup de travail en ce moment. Je suis célèbre pour la rénovation des maisons.

– Tu devrais parler à ma sœur, cela lui ferait du bien d’entendre ces paroles.

– Tu as raison.

Jean prit deux verres au bar et en apporta un à Thérésa. Tous deux discutèrent. Jean parla de sa vision de la vie, de la célébrité et de la visibilité sur les réseaux sociaux. Ils parlèrent toute la soirée. Thérésa se détendit petit à petit et comprit beaucoup de choses en écoutant Jean.

Les jours qui suivirent, Thérésa laissa de côté toute la pression qu’elle se mettait et commença à s’écouter. Elle passa beaucoup de temps en tête à tête avec elle-même pour comprendre ce qui la faisait vibrer. Elle comprit qu’elle aimait mettre en beauté mais ce qui l’intéressait vraiment c’était d’accorder les vêtements avec le maquillage. Elle se lança dans le coaching beauté, se passionna pour les différents styles de vêtements et de maquillage. Elle lâcha petit à petit tous les freins qui l’empêchaient de s’épanouir dans ce métier. Elle n’était pas moins bien que les autres femmes car elle n’avait pas fait d’études. Elle avait le droit de vivre d’un métier où elle s’épanouissait. Elle avait de la valeur, son métier avait de la valeur.

Petit à petit, les femmes la remercièrent, elles se sentaient plus en accord avec elles-mêmes, plus belles. Thérésa découvrit le bonheur d’incarner sa vérité et de se sentir à sa place. Myriam était heureuse de voir sa soeur s’épanouir.

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