Anorexie : guérir

Sortir des TCA

Une adolescente qui veut vivre heureuse

Le malaise de Cynthia

Je vais te raconter l’histoire de Cinthya. Cinthya est une jeune femme de quinze ans, elle va au collège. Cinthya a moins de forces ces derniers temps, elle dort mal, elle a des difficultés à se concentrer en cours. Cinthya a peur de manger, de grossir. A chaque fois qu’elle mange, elle a mal au ventre, elle ne peut plus. Alors quand on lui dit : « tu n’as qu’à manger », comme si c’était d’une évidente simplicité, elle s’en veut, se sent nulle, mais elle n’y arrive pas. Elle ne pense qu’à sa balance, qu’à ce chiffre qui doit toujours baisser. Son corps, elle le déteste, sa maigreur, elle ne la voit pas.

Un jour, au collège, Cinthya est prise d’un malaise, elle doit se rendre à l’infirmerie.

-Bonjour, je m’appelle Ludivine. Je suis la nouvelle infirmière. Tu peux rester allongée autant de temps que tu as besoin. Je t’ai préparé une banane.

-Merci, je n’ai pas faim.

– Je comprends. Je vais te raconter mon histoire. Quand j’avais à peu prés ton âge, j’ai décidé de maigrir, je me trouvais trop grosse, alors j’ai entamé un régime. Et puis petit à petit, j’ai perdu le contrôle, je voulais maigrir plus, toujours plus. J’ai été hospitalisée, avec une sonde dans le nez pour m’alimenter, je n’ai pas pu voir ma famille pendant plus de trois mois.

Cinthya se met à pleurer. Ludivine continue de raconter.

-J’ai remangé petit à petit, au début c’était vraiment dur. Je n’y arrivais plus, comme si mon corps ne voulait plus, comme si mon esprit refusait. Je me suis forcée, vraiment et puis dans cet hôpital, on proposait beaucoup d’activités l’après-midi. J’ai découvert pleins de choses, je me suis passionnée pour la peinture. J’ai commencé à peindre des toiles, j’adorais mélanger les couleurs. Au début c’était très sombre, et au fur à mesure que les jours passaient mes toiles sont devenues de plus en plus claires et lumineuses. J’ai arrêté de penser à ma balance pour me concentrer sur mes toiles.

Cynthia écoute désormais avec attention Ludivine qui poursuit son témoignage.

– La peinture m’a sauvée. Quand je suis sortie de l’hôpital, on a ramené toutes mes toiles à la maison. Mes parents étaient impressionnés, ils m’ont inscrite à des cours de peinture. Aujourd’hui, j’aime toujours autant la peinture, j’expose de temps en temps et je propose des cours d’art-thérapie pour se soigner par l’art.

-Je n’ai pas de talents, il n’y a rien qui m’intéresse vraiment. Je me sens nulle, dit Cinthya.

-On a tous des talents, mais tu ne les connais pas encore. Pour les trouver, tu peux essayer plusieurs activités qui t’attirent. Juste aller vers les activités qui te procurent de la joie, des activités où tu ne vois pas le temps passer.

-J’ai envie de faire du basket mais je suis trop faible. Avant, j’aimais beaucoup mais je me trouvais trop nulle par rapport aux autres.

-L’important est la joie que tu ressens quand tu fais cette activité. C’est la seule chose qui compte.

-C’est vrai que cela me faisait plaisir de jouer.

-Alors cela peut-être ton objectif, retrouver suffisamment d’énergie pour faire du basket. Tu peux découper des images de basketteuses et les coller sur ton frigo par exemple pour que ton esprit se concentre sur ton objectif : jouer au basket.

-Oui mais elles sont toutes grosses les basketteuses.

-Elles sont dans le poids où elles se sentent bien, elles mangent à leur faim.

-Je n’ai jamais faim.

-Un jour, cela reviendra. Je te le promets, cela revient toujours. Il y a pleins de gens autour de toi qui ont envie de t’aider.

-Non, ils veulent juste que je regrossisse.

-Ils veulent que tu sois heureuse, que tu te sentes bien dans ta peau.

-Parce que je les dérange.

– Je vais te proposer quelque chose, une fois par semaine, pendant ton heure de permanence, tu vas venir me voir et on va peindre. Tu veux bien ?

-Oui, mais je ne sais pas peindre.

-Tout le monde sait peindre, tu as commencé à peindre quand tu étais enfant. A quelle heure est ton heure de permanence ?

-Le vendredi à 10H.

-Parfait.

Cinthya ne sait pas bien ce qu’elle va faire tous les vendredis à 10H mais elle accepte. Le soir-même, elle trouve des photos de basketteuses sur internet et les colle sur le frigo. Quand elle doit manger, elle se force un peu en pensant à son sport favori.

Depuis ce jour, tous les vendredis à 10H, Cinthya se rend à l’infirmerie de son école pour une séance d’art thérapie. Elle adore. Elle pleure souvent, elle se libère de beaucoup d’émotions. Elle y dépose parfois beaucoup de colère et de rage. Elle fait face à de grandes peurs, mais à chaque fois, elle se sent accompagnée de Ludivine.  Cinthya a commencé également un journal où elle écrit tout ce qui lui passe par la tête, toutes les émotions qui la submergent, cela la soulage.

Cinthya va également voir une psychothérapeute, ses parents et son frère également. Chacun peut s’exprimer, tout seul en consultations mais également quand ils sont tous ensemble. Les tensions s’apaisent. Cinthya reprend du poids petit à petit et au bout de quelques mois, elle peut s’inscrire au basket. Quel bonheur de jouer, quel bonheur de sentir son corps rempli d’énergie, quel bonheur de se sentir vivante. Cinthya s’est faite de nouvelles amies avec lesquelles elle partage la même passion.  Cynthia est heureuse, elle a retrouvé la joie de vivre.

Mon témoignage:

A toi l’adolescente, qui a décidé un jour de faire un régime et qui s’est retrouvée dans un cercle infernal, celui de vouloir maigrir à tout prix, je t’écris ces mots. Car vois-tu, c’est durant cette période de ma vie que j’ai compris la puissance des mots.

A la fin de mon année de CM2, mes amies m’avaient trouvée un nouveau surnom « la grosse ». Ce mot était piquant comme des lames, il me faisait si mal. Quand je suis rentrée en 6e, angoissée par toutes ces nouveautés, j’ai entamé un régime. J’avais peur qu’on ne m’aime pas parce qu’on me trouvait trop grosse. Et puis, j’ai perdu le contrôle, j’ai maigri de plus en plus, trop, j’ai été hospitalisée, une sonde dans le nez.  Le contrat était clair, je n’avais pas le droit de voir ma famille ni recevoir d’appels, de courriers. J’étais terrorisée.  Ma maman m’avait écrit quelques mots sur un morceau de papier. Ces mots étaient doux et réconfortants, à chaque fois que je les lisais, ils me donnaient la force d’avancer et de surmonter les difficultés.

Petit à petit, j’ai repris du poids, je suis sortie au bout de deux mois et demi, mais je suis restée longtemps obsédé par mon corps, par l’image que je renvoyais, le mal être a perduré.  A 14 ans, Je me suis mise à écrire, dans un journal intime. J’ai découvert le pouvoir libérateur de l’écriture. Je pouvais noter tout ce que je ressentais, tout ce qui me venait en tête.  Cela me faisait beaucoup de bien.  

Quelques années plus tard, l’écriture d’un journal intime ne m’a plus suffi, j’avais besoin d’inventer des personnages, des histoires, j’ai commencé à écrire des nouvelles puis des romans et des contes. J’ai découvert alors ma passion, un de mes talents et cela a tout transformé. Je me suis également passionnée pour le développement personnel, j’ai lu beaucoup, je me suis formée. Je voulais tout comprendre, les relations, ce qui pouvait faire que parfois on pouvait se sentir enfermé, les émotions, l’enfance, l’univers.

 J’aime les mots car ils ont le pouvoir de nous ouvrir à l’amour. Ils sont des portes d’entrée vers la magie de la vie.  Aujourd’hui, j’utilise les mots, pour guérir, apaiser, apporter confiance. Les mots sont incroyables. Ils portent une énergie. Les contes personnalisés sont uniques. Je choisis les mots soigneusement, avec mon intuition pour qu’ils résonnent dans ton cœur et t’ouvrent à de nouvelles possibilités, pour qu’ils t’accompagnent sur le chemin de la guérison.

Sache une chose, si tu lis ces mots, c’est que tu as envie de guérir.  Tu vas réussir, je crois en toi. Ta guérison sera formidable et merveilleuse.


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